Eroshima, roman de Dany Laferrière

eroshima

“Quoi qu’il arrive, je ne bougerai pas du lit.”

— Première ligne du roman Eroshima de Dany Laferrière.

 

Si les haïkistes écrivaient des romans, ils écriraient comme Dany Laferrière: économie de style, phrases courtes, nombreuses références au haïku et à la culture japonaise.

MoHe, dans son commentaire du 4 novembre, se disait étonnée d’apprendre la longue relation entre l’auteur d’origine haïtienne et le haïku. Elle avait seulement entendu dire que le plus récent roman de Dany Laferrière L’énigme du retour (qui vient de remporter un prix important) comportait quelques haïkus et pouvaient se lire un peu comme un haibun.

Par exemple, dans le roman Eroshima, le narrateur cite de nombreux haïkus (Basho, Issa, Sora) à travers le récit de sa relation avec une Japonaise.  Les chapitres sont des paragraphes courts et numérotés dont la brièveté et le rythme ressemblent beaucoup à des haïkus:

“13.Pour faire l’amour avec Hoki, il faut connaître Basho. Basho est un poète vagabond du vieux Japon (1664). C’est un maître de ce genre de poème bref: le haïku.

14. Vous imaginez le CHOC. La sexualité volcanique des brousses contre la sensualité minutieuse de Kyoto. NOIR CONTRE JAUNE”      

ecrivainjaponais L’esprit du haïku est présent dans chaque roman de l’auteur. C’est vraiment saisissant. 

Je suggère de lire ses oeuvres en ordre chronologique: Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, Chronique de la dérive douce, Eroshima, mais aussi L’odeur du café, Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit? Il faut tout lire jusqu’à Je suis un écrivain japonais.

Un lit bien fait

avec un drap blanc

dans la pénombre.

Quelle fraîcheur!

Dany Laferrière, Chronique de la dérive douce

 

 

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One thought on “Eroshima, roman de Dany Laferrière

  1. Merveilleux, Tessa ! Tu nous mets vraiment l’eau à la bouche ! J’ai maintenant sur mon étagère (dans la section À LIRE SANS ATTENDRE !) le tout dernier roman de D. Laferrière qui a remporté le Médicis (L’énigme du retour)  et même si j’avais déjà le goût de le lire, ta petite chronique ne fait qu’en rajouter… Maintenant, je me demande s’il ne serait pas plus judicieux de commencer au début (avec  Comment faire l’amour avec un nègre) plutôt que par la fin… Ahhhhhh – ce doute est un doux plaisir … !

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