Comment je suis devenue le sujet d’un renku

Conférence de Haiku Canada (Vancouver, 15 mai 2009).

Minuit.

Le renku de fin de soirée bat son plein depuis 90 minutes.

On change de saisons.

Le sabaki (maître de renku) Marshall Hryciuk nous demande d’écrire un haïku sur le printemps.

Je décide de prendre une pause.

Demande à Jannick Belleau de continuer à noter les haïkus pendant mon absence.

Sors de la salle.

A mon retour, le sabaki vient tout juste de demander un autre haïku sur le printemps (après avoir fait un détour par d’autres sujets d’actualité).  

Un participant constate: “Avec le retour du printemps… le retour de Jessica!”

Ils décident que ce sera la première ligne du chaînon qu’ils étaient en train de travailler:

at the return of Jessica

my heart melts

En effet, les renkuistes, comme les haïkistes, aiment bien s’inspirer des événements captés sur-le-vif – ce qui arrive en tel lieu, tel moment – durant l’écriture de renkus.

J’afficherai bientôt un autre exemple de chaînon qui immortalise un moment survenu pendant l’écriture d’un autre renku lors de la conférence de Haiku Canada. 

 

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Concours de la revue Haiku

Résultats du concours annuel de la revue d’interférence culture romano-japonaise Haiku (section internationale – française) tel que publié dans la revue Haiku, numéro 41 (Printemps 2009):

 

Premier prix:

 

Nuages passants –

tantôt lumière, tantôt l’ombre

sur le cimetière

 

 Alexandra IVOYLOVA, Bulgarie

 

Deuxième prix:

 

La première gelé –

le petit ange de la fontaine

s’arrête de pisser

 

Anna Do So TADJUIDEEN, France

 

Troisième prix:

 

Finis les cerisiers –

les touristes regardent

les cartes postales

 

Jessica TREMBLAY, Canada

 

RvuHakprix

 

 

Mentions honorables:

 

Coucher de soleil!

L’épouvantail du verger,

lui est insensible

 

Jean-Michel AUBRUN, France

 

Rue de Sofia.

Au-dessus des poubelles

acacias en fleurs

 

Aksinia MIHAILOVA, Bulgarie

 

Village natal –

où sont les épouvantails

de mon enfance?

 

Frans TERRYN, Belgique

 

 

Haiku Canada – Carole MacRury “In the company of crows”

cofcrows1

Au cours de la Conférence Haiku Canada (16 mai 2009) à Vancouver, Carole MacRury a lu des passages de son livre In The Company of Crows: Haiku and Tanka between the tides.

an empty shell

fills with moolight –

winter’s end

Carole MacRury

Le livre est illustré par Ion Codrescu, un artiste-haïkiste que j’ai découvert il y a quelques années grâce à un exemplaire de la défunte revue Hermitage.  Imaginez: à l’occasion du premier numéro de la revue Hermitage, Ion Codrescu (qui était aussi l’éditeur) avait inclu dans chaque numéro un sumi-e original de sa part! 

En 2007, Ion Codrescu a commencé à illustrer des haïkus dans Gong: revue francophone du haïku, mélangeant texte de l’auteur avec un sumi-e. Une raison de plus pour envoyer des textes à Gong: voir son texte illustré par Ion.

A la conférence, j’ai eu le chance d’acheter deux sumi-e originaux de Ion Codrescu (dont l’original de la libellule qui est publié dans le recueil de Carole MacRury In the company of crows).  Ion n’était pas à la conférence (dommage, j’aurais aimé le rencontrer), c’est Carole MacRury qui s’occupait de la vente.

Voici les deux sumi-e de Ion Codrescu.

    libellonCodrescu birdIonCodrescu

Le deuxième sumi-e contient un texte de Carole MacRury:

suspension bridge

the feather’s slow spiral

to the ground

Carole MacRury 

Rappel des concours de haïku – Juin 2009

Voici un rappel des concours de haïku et appels de textes pour le mois de juin 2009, une gracieuseté du site Vieil Etang.

1er juin: Gong: revue francophone du haiku (no. 24). Thème: La vie quotidienne. Sélection triple: 1- Haïku, 2- Senryu, 3-Poème court non haïku ou senryu, à afh.redaction@afhaiku.org

1er juin: 575 Revue de haïku. Envoyez cinq haïku sans thème à serge_tome@yahoo.fr

5 juin: Concours de haïku sur le thème “FEMMES” organisé par Haïkouest a l’occasion de son exposition “Regards de Femmes”. Envoyer 3 haïku maximum par personne avec nom, prénom, adresse, email et/ou numéro de téléphone à haikouest@hotmail.fr Participation gratuite.

12 juin (postmarked by): The first Yamadera Basho Memorial Museum English Haiku Contest, maximum of 2 unpublished three lined haiku with a season word on one sheet of letter size paper or a postcard including the name, age, sex, nationality, address, and phone number, along with the poem. If applicant is a junior or senior high school student, also include name of the school, Participation is free. Mail to: The Yamadera Basho Memorial Museum, 4223 Nanin Yamadera, Yamagata-shi, Yamagata-ken Japon 999-3301. Awards ceremonony to be held on July 12 2009 during 52nd National Yamadera Haiku Convention.

28 juin: Projet d’une anthologie de haïku francophones par saisons : 1er volume, Le Printemps. 10 textes printaniers maximum (haïkus ou senryus): danielpyfr2000 CHEZ yahoo.fr ou D. Py, 53 rue Pouchet, 75017 Paris, France. Vos haïkus classés en 3 catégories : début, milieu, ou fin du printemps. Notice bio-biblio de max. 4 lignes.

30 juin:The 6th International Tanka Festival in Tokyo 2009 Competition(ITF Tokyo Competition), free, submission period: between April 1-June 30, 1 tanka unpublished (no theme). Send two copies of each tanka with your name and address on one copy only to: ITF Tokyo Competition c/o Nihon Kajin Club, Shuei Bldg. 2F, 1-12-5, Higashi-gotanda, Shinagawa-ku, Tokyo, 141-0022, Japan

Haiku Canada – Michael Dylan Welch sur les déjà-ku

 Extraits de la présentation de Michael Dylan Welch à Haiku Canada (Vancouver, 15 mai 2009).

 

Brouillard20061021 005

If I write spring moon

or mountain, is that

haiku plagiarism?

Billy Collins, She Was Just Seventeen,

(Lincoln, Illinois: Modern Haiku Press, 2006

 

 

 

“It may be true that everything

has already been said,

but it’s just as true that not everyone

has had a change to say it.”

 

Dobby Gibson, Polar (Alice James Books, 2005)

 

How we respond to déjà-ku, in all its forms, is something I believe haiku poets must grow into. Deja-ku are an occupational hazar of the haikupoet, but whether we are a potentional offender, or the offended, I believe it’s possible to find the right balance between being blasé and freaking out.  No doubt, an assessment will always depend on each individual poem, and will be a subjective reaction based on each person’s own comfort level with the type of deja-ku at hand – plagiarism, crytopmnesia, excess similarity, parody, homage, allusion, or simply having the same subject or season word.  — Michael Dylan Welch

Michael Dylan Welch collectionne les exemples de déjà-ku (haikus qui ressemblent à d’autres parus précédemment). 

 

Il nous présente quelques exemples de poèmes ayant d’étranges similitudes, soit à cause de l’emploi des mêmes mots ou de la même structure.

 

Example:

 

falling snow –

white envelopes drop

through the mail slot

Winona Baker, Even a stone breathes, 2000

 

scattered petals…

the thud of my books

in the book drop

Michael Dylan Welch, Frogpond 22.2, 1999

 

Allusion, Parodie et homage:

 

Even in Kyoto –

hearing the cuckoo’s cry –

I long for Kyoto

Basho

 

even in Paris

watching lovers in Paris

I miss Paris

Wendy Smith, Starfish #6, July 2001

 

foghorns…

longing for San Francisco

in San Francisco

Lane Parker, South by Southeast, 13.2 June 2006

 

Smells like plagiarism

(or is it Cryptomnesia: a “remembered” text, but without realizing that you’re remembering rather than creating it)

 

Winter solitude –

in a world of one color

the sound of wind

Basho

 

winter solitude

in a world of one color

the taste of peaches

Wendy Smith, Starfish #7, Winter 2002

 

Autre exemple:

 

larger

than the wren himself

the wren’s joy

 John Wills, Reed Shadows, 1987

 

Carolina wren

its morning song larger

than itself

Yvonne Hardenbrook, Geppe, 1990s

 

(wren= poule)

 

Les participants discutent pour déterminer s’il s’agit de plagiat ou de coincidence. La salle est divisée.

 

PS Michael suggère de consulter également ce court article sur le sujet.

 

Haiku Canada 2009 – Jannick Belleau

Regards-de-femmesVendredi le 15 mai, la première présentation à la Conférence de Haiku Canada fut celle de Jannick Belleau sur les femmes et le haïku (la meilleure conférence de la fin de semaine à mon avis).

Jannick dresse un panorama de l’écriture de haïku au féminin en se servant principalement d’exemples tirés du recueil Regards de Femmes, Carpe Diem (Canadian Anthology of Haiku) et de textes de poétesses japonaises traditionnelles.

Jannick me fait un joli clin d’oeil en commençant par la lecture d’un de mes haïkus “her diet / this month / only 28 days” puis Micheline Beaudry, à ma grande surprise, se lève dans la salle et récite la version française:

“sa diète / ce mois-ci / seulement 28 jours”

Jannick enchaine avec un autre poème de Regards de Femmes en anglais et Diane Descoteaux se lève dans l’audience et récite la version française originale:

“le maringouin / sa vie vaut-elle vraiment moins / que la mienne” (Helene Boisse)

A chaque fois qu’elle lit un texte de Regards de femmes (en version anglaise car la présentation de Jannick est en anglais), Micheline ou Diane récitent la version originale française dans la salle, donnant à la présentation une dynamique fort intéressante.

Parmi les textes lus par Jannick, ceux de Micheline Beaudry (lune d’août / elle se penche à la fenêtre / un melon sur la table), Line Michaud, Hélène Leclerc (quatre heures du matin / dans un coin de la tente / la lune), Louise Vachon (la polyandrie / beaucoup trop de chaussettes / à ramasser), Louve Mathieu, etc.

Les spectateurs ont aimé la récitation des textes en français. Bravo à Jannick d’avoir apporté à la conférence Haiku Canada un souffle francophone, secondée par Micheline et Diane. 

C’était la première qu’il y avait autant de francophones à la conférence de Haiku Canada (avec moi dans l’audience, cela faisait quatre). 

Espérons que la présence francophone sera encore plus grande lors de la prochaine conférence de Haiku Canada qui aura lieu à Montréal en mai 2010 (pendant la fin de semaine de la Fête de la Reine). J’espère que les francophones y seront nombreux et qu’on aura droit, même, à une conférence ou deux complétement en français.