Petits objets

Je vous invite à découvrir le site Petits objets du romancier Matthieu Simard qui comprend des photos accompagnées de courtes proses humoristiques. 

(Et puis si vous avez envie de lire un roman comique sur les relations entre les gars et les filles, lisez La douce moitié, Ca sent la coupe, ou Echecs amoureux et autres niaiseries du même auteur. Plaisir garanti!)

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sumi-e (II)

                                                    

papillonsumie20060928 003

                                          

coups de pinceau

le papillon se pose

sur l’orchidée

Red Moon anthology

Je suis en train de lire pegging the wind: the Red Moon anthology of English language haiku 2002.  La série Red Moon Anthology est publiée de façon annuelle depuis 1996 et rassemble les meilleurs haïkus, renkus, haibuns et articles de langue anglaise de l’année. 

 

On admet d’office tous les textes ayant remporté des concours, en plus d’une sélection par le comité éditorial.  C’est donc la publication idéale pour obtenir un portrait du haïku anglophone.  Voici quelques extraits:

 

 

one by one

the trees of the forest

in the fog

                                                              — Ria Giskes-Pieters (Pays-Bas)

 

 

summer harbor –

each boat pointing

to the storm

                                            — Lee Gurga (Etats-Unis)

 

Et mon préféré (très approprié pour la saison):

 

a yellow leaf

touching the green ones

on its way down

                                                    — K. Ramesh (Inde)

 

 

Extraits: pegging the wind: the Red Moon anthology of English language haiku 2002, RedMoon Press, 2003, 160 pages.

Haiku night in Canada

The Word on the Street est un festival littéraire qui a eu lieu en même temps dans cinq villes canadiennes dont ici à Vancouver.  

 

Parmi les événements que je ne voulais pas manquer, il y avait Haiku Night in Canada, un spectacle qui mélange haïku et hockey.  Je vous explique le déroulement de la partie (ça pourrait vous donner des idées pour votre prochaine rencontre de haïku).  

 

Le déroulement de Haiku Night in Canada est bien simple.  Il y a un arbitre (vêtu du traditionnel chandail rayé noir et blanc) et six joueurs/poètes vêtus de chandail de hockey.  Deux capitaines sont nommés et choisissent les membres de leur équipe.  Une fois les équipes formées, on joue à pile ou face pour savoir qui commence.  Un premier joueur lit un haïku (qui doit obligatoirement avoir dix-sept syllables et faire référence au hockey) et l’arbitre juge, d’après les réactions des spectateurs, si le joueur a compté un but ou non.

 

girl, you wanna play hockey?

you have big NHL dream?

well, too bad baby!

  

Ensuite, un joueur de l’équipe opposée lit un haïku (si possible, mais pas nécessairement, en relation ou en réplique au haiku déjà lu) et l’arbitre décide s’il y a but.  (Les haïkus sont déjà écrits à l’avance et chaque joueur lit sur sa feuille de papier).

 

hockey fantasies

bananas ice cream and nuts

Don Cherry on top

 

Les réactions de l’auditoire sont bonnes (probablement parce que la plupart des haikus sont humoristiques et que le hockey est un sujet que tout le monde connaît).

 

hockey chicken

puck puck puck puck puck puck puck

puck puck puck puck

 

first time on the ice

no one told me to remove

my skateguards

 

A la fin de la première période, durant l’intermission, l’arbitre invite les spectateurs qui auraient un haïku sur le hockey à venir le partager sur scène.  Il n’y a aucun volontaire, donc la partie continue…

 

on my tenth birthday

my mom used black icing

and called it a puck

 

there’s nothing sadder

than loosing season’s tickets

in a divorce court 

 

La fin de la troisième periode sonne l’arrêt de la partie…  Le score est additionné et une équipe est déclarée gagnante.

 

Le spectacle d’une heure était gratuit et a attiré environ 300 personnes (les estrades étaient remplies). 

 

PS. les haïkus cités ont été notés sur le vif au cours de la partie et ne sont pas des citations fidèles.  Je n’ai pas eu le temps de noter le nom des auteurs pour chaque haïku.  Voici donc le nom des joueurs/auteurs participants: Elizabeth Bachinsky, Amanda Lamarche, Billeh Nickerson, Marguerite Pigeon, Michael V. Smith, Michelle Winegar.

 

 

Capoeira

Dès les échauffements, qui ressemblent à des exercises de yoga, je devine que la capoeira est un art martial qui demandera de la souplesse.

 

Après les échauffements, on pratique le mouvement de base, la ginga (prononcé “djinga”).  Le genou avant est fléchi, la jambe arière est tendue et prend appui sur le bout des orteils.  Le bras est levé pour protéger le visage.  Dans un deuxième mouvement, la jambe arrière est ramenée en avant puis fait un grand pas de côté pour prendre la position du cavalier.  Troisièmement, on ramène l’autre jambe en arrière pour reprendre la position de depart.  Ce mouvement continu, qui ressemble à une danse, c’est la ginga.

 

En capoeira, ce sont surtout les jambes qui travaillent.  Les bras ne servent qu’à protéger le visage des attaques et à prendre appui sur le sol (pour se déplacer, tourner, faire la roue).  On apprend des mouvements de défenses et des coups de pieds d’attaque. 

 

Les positions sont toutes très basses car la capoeira à l’origine était pratiquée clandestinement et les capoeiristes devaient se cacher pour pratiquer dans les champs de hautes herbes ou au milieu d’un cercle d’individus qui maintenaient le rythme de la “danse” avec des battements de mains.

 

Le professeur nous dit que son nom est Rasta.  “En capoeira, personne n’utilise son vrai nom.  Tout le monde a un surnom.  Lui c’est Benalongua (Longues Jambes), elle c’est Alegria (Joie), elle c’est Pequena (Petite).”

 

Les surnoms protégeaient l’identité des individus à l’époque où la pratique des arts martiaux étaient interdites chez les esclaves du Brésil (pays d’origine de la capoeira).

 

A la fin du cours, nous formons un cercle (la roda) et le jeu de capoeira commence, rythmé par nos battements de mains.  Deux individus s’affrontent pendant environ trente secondes, puis un nouveau participant entre dans la danse et vient remplacer celui des deux qui est là depuis le plus longtemps.  Et ainsi de suite.

 

Les capoeiristes sont tous vêtus de blanc et c’est d’ailleurs par la blancheur de ses vêtements qu’on reconnaît un bon capoeiriste : le capoeiriste débutant, lui, portera sur ses vêtements la marque de ces nombreuses chutes et des coups qu’il aura reçus.

 

sur la corde à linge

le pantalon blanc

lavé à l’envers

Poetrees

Lors de ma visite à la bibliothèque, sur le présentoire des publications gratuites, j’ai trouvé un document intitulé 2006 POETREES: SEPTEMBER HAIKU BY GERRY GILBERT.  Le document photocopié de 14 pages (24 haïkus par page) avait manifestement été tapés à la machine à écrire.  Un travail collossal d’écriture… et de traitement de texte (un total de 336 haïku!).

En fouillant un peu, j’ai trouvé un autre document intitulé AUGUST HAIKU et JULY HAIKU du même auteur, avec le même nombre de haïku!  (336 haïku par mois!!!) Une recherche rapide sur internet  m’informe que ce monsieur n’est pas un inconnu du monde des lettres : il est un poète et un chroniqueur reconnu qui vit à Vancouver.

En 17 syllables, l’auteur nous invite dans son quotidien dans un style qui rappelle le senryu, l’aphorisme, la poésie beat/social et parfois aussi le haïku:

we continue to

be addicted to eating

plants & animals

 

told a lonesome gal

who had just glanced at her watch

that it is right now

 

summertime provides

at street corner nice warm wait

for the light to change

 

(PLUS D’EXTRAITS A VENIR)

Ce que j’aime le plus de ma découverte, c’est que cela me rappelle qu’il est possible de s’auto-éditer et de distribuer soi-même ses recueils par les réseaux “underground” de distribution (dans les bibliothèques, les cafés, les librairies, etc.).  C’est un bon moyen de se faire connaître et certains auteurs fabriquent ainsi des bijoux de petits recueils (distribués à très peu d’exemplaires) qui deviennent presque des livres de collections. 

Combien de ces recueils ai-je achetés à la Casa del Populo de Montréal!  Sans compter tous les 2$ que j’ai investi dans le célèbre Distrorobot (cette ancienne machine distributrice de cigarette qui distribue maintenant de l’art et de la poésie au coût de 2$).  J’ai tout gardé, j’en ai une boîte pleine!  Ces recueils sont aussi précieux pour moi que n’importe lequel recueil publié par les voies officielles.